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Éduquer les garçons sur les rapports amoureux

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J’ai trois garçons. Trois gentils, énergiques, tannants, créatifs, drôles, empathiques garçons que j’aime de tout mon cœur. Trois garçons auxquels j’ai beaucoup pensé ses derniers jours, peut-être pas plus que d’habitude, mais certainement différemment, puisque j’ai beaucoup pensé dernièrement au fait qu’ils deviendront un jour des hommes.

Bon, bien sûr, ce n’est pas la première fois que je le constate. Mais disons que c’est la première fois que j’y pense plus concrètement.

Si ces réflexions ont surgi en moi, c’est à cause de la vague de témoignages qui a suivi l’affaire Gomeshi. Si je ressens énormément d’empathie pour tous ceux qui ont été victimes d’une agression, quelle qu’elle soit, j’ai énormément de réserves en ce qui concerne ce mouvement de dénonciation encouragé par la Fédération des femmes du Québec. Mais je vais me garder d’en parler pour l’instant, le sujet étant encore beaucoup trop chaud.

Mais j’aimerais quand même aborder une facette de la question, soit ce que, comme parents, nous devrions dire à nos enfants au sujet de cette question délicate, ou pour le dire plus concrètement, la façon dont nous devrions éduquer nos garçons et nos filles sur les rapports amoureux.

Ce qui m’a le plus saisie, c’est la différence qu’on fait entre le discours qu’on tient aux filles et celui qu’on tient aux garçons. Pour les filles, il s’agirait de les prévenir des dangers auxquels elles font face (cette menace ou ce danger prenant dans ce cas la forme d’un homme); pour les garçons, il s’agirait essentiellement de les sensibiliser au respect (dans ce cas envers les femmes).

Cela semble bien sensé, à première vue. Qu’y pourrait-il y avoir de mal là-dedans? Et bien, moi, ça me met mal à l’aise!

Avec ce discours, on suscite la crainte et la méfiance chez les filles. Or, je crois que la crainte n’engendre rien d’autre que la crainte et qu’elle ne fait rien pour protéger celles qui la ressentent.

Ensuite, ce discours apprend à nos garçons qu’ils doivent d’abord se préoccuper de ce que ressentent les filles, indépendamment de ce qu’ils ressentent ou désirent eux-mêmes. En soi, ce n’est pas une chose si terrible, bien sûr. Mais ce qui est sous-entendu, c’est qu’ils représentent une menace potentielle, un danger duquel tous devraient se méfier.

Je n’ai pas de conseils à donner, mais pour ma part, je vais essayer de faire les choses autrement. Ce que j’ai envie de dire à mes enfants, c’est que la sexualité est une chose intime et personnelle et qu’elle n’appartient à personne d’autre qu’à soi, mais que si on le choisit, elle peut devenir une rencontre, un échange, un moyen d’expression, une forme de communication souvent profonde, parfois bouleversante et à tout le moins agréable, qui peut nous permettre d’approfondir notre rapport à l’autre, mais aussi notre connaissance de nous-même.

Bon, je ne le dirai peut-être pas dans ces mots, mais ce sera l’idée en gros!

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur le sujet, et ma réflexion est loin d’être terminée, mais je finirai sur cette note : au-delà de l’éducation à la sexualité, apprenons donc à nos enfants ce que cela signifie vraiment d’aimer et d’être aimé (dans la mesure, bien sûr, de ce que nous en comprenons nous-mêmes).

C’est peut-être là l’essentiel de ce que nous avons à leur transmettre.