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En thérapie à 6 ans

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Parce qu’ils ne font pas que jouer innocemment au «docteur», plusieurs enfants se retrouvent en thérapie pour soigner leurs comportements sexuels problématiques dès l’âge de six ans. 

«En dessous de 12 ans, c’est trop jeune pour qualifier un enfant d’agresseur. On parle plutôt d’enfants qui ont des comportements sexuels problématiques et à qui il faut montrer les limites», explique la psychologue Claudia Tremblay.

Au début des années 2000, cette dernière a créé de toutes pièces la thérapie «À la croisée des chemins» afin de faire face à cette problématique qui était encore «méconnue».

L’organisme Parents-Unis Repentigny Lanaudière (PURL), qui chapeaute ce programme, accueille chaque année une vingtaine d’enfants de 6 à 12 ans qui ont des comportements sexuels problématiques et au moins le double de victimes.

Le sexe pour calmer la souffrance

Selon Mme Tremblay, les enfants qui commettent des actes sexuels agissent par imitation et souvent pour calmer une grande souffrance.

«On fait généralement face à trois catégories d’enfants. Il y a les «agressifs», qui ont souvent entre 10 et 12 ans et qui ont eux-mêmes été victimes d’abus sexuels. Il y a aussi les «consentants», donc les enfants qui se touchent entre eux et qui en tirent du plaisir. Enfin, il y a les «régressifs», qui s’autostimulent de façon compulsive, à la garderie, à l’école, partout», explique la psychologue. Les enfants ne sont pas référés au programme uniquement pour avoir «joué au docteur», précise-t-elle.

«Mais on remarque que, souvent, ils savent très peu de choses sur la sexualité. Un garçon de 10 ans a notamment demandé s’il pouvait «mettre enceinte» son camarade lors de relations anales non protégées».

«Souvent, les enfants proviennent de familles souffrantes», ajoute Fabien Michaud, qui supervise la thérapie «À la croisée des chemins» du PURL.

«Les enfants n’ont pas de réponses à leurs préoccupations sexuelles. Ils sont anxieux et souffrants. Ils tentent de résoudre leurs problèmes ou de les oublier à travers la sexualité.»

La sexualité enfantine

Le sujet peut «choquer» et est «extrêmement tabou», admet Claudia Tremblay.

«Oui, c’est choquant. Mais, dans notre société actuelle, on a tendance à croire que les enfants sont asexués jusqu’à l’adolescence, ce qui est complètement faux. On tarde à faire l’éducation sexuelle de nos enfants ou à en parler tout simplement», estime-t-elle.

D’ailleurs, selon l’organisme PURL, la grande majorité des enfants traités ne récidivent pas.

«Quand on montre aux enfants la façon de gérer adéquatement leur problème, le comportement se résorbe et ne revient plus, confir me Fabien Michaud.

«On travaille aussi avec les parents. C’est très important. Il faut les aider à se reconstruire pour que leur enfant soit heureux. Personne ne vient au monde en étant un maniaque sexuel. Il est possible d’intervenir rapidement pour que l’enfant passe rapidement à autre chose aussi.»

 

À consulter

Notre sexologue Sophie Brousseau