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#OnVousCroit

Sexualité image article
Je fais partie des « chanceuses ». Contrairement à bon nombre de filles et de femmes que je connais, je n’ai pas « vraiment » été victime de violence sexuelle au cours de ma vie.
 
Je dis « pas vraiment », car j’occulte, en bonne fille de ma génération, les mononcles trop colleux et/ou à l’humour douteux qu’on nous disait de ne pas prendre au sérieux et probablement, une ou deux relations « amoureuses » ponctuées d’actes subtils, mais à tout le moins « malaisants ».
 
En tous les cas, quand je me compare à ces filles et ces femmes, je trouve que je l’ai échappé belle.
 
Mais je connais trop, beaucoup trop d’enfants (majoritairement des filles, mais quelques garçons aussi) et de femmes qui ont été victimes d’agressions sexuelles. Une fois, deux fois… plus. Par un agresseur unique  ou par plusieurs au fil du temps…
 
Certaines ont subi ces actes ignobles sur une courte période. D’autres, pendant des années… Dans les deux cas, c’est dégueulasse. C’est injuste. Ça fait mal à l’âme.
 
Parmi ces femmes que je connais, un certain nombre a gardé le silence, pour de multiples raisons. D’autres, ont dénoncé. Sur le champ ou des années plus tard. Pendant leur enfance, leur adolescence ou bien longtemps après les faits.
 
Pour je dirais, environ 95% de celles qui ont dénoncé, un gros point en commun : on ne les a pas crues!
 
On a mis en doute leurs perceptions, leurs analyses de la situation, leurs intentions, leur mémoire, leur santé mentale!
 
« Si c’est vrai, pourquoi tu as attendu si longtemps avant de parler? »
« Tu as sûrement mal interprété un geste anodin… »
« Il n’y a pas eu pénétration, ce n’est pas un viol! »
« Es-tu sûre de ne pas te tromper de gars? »
« C’est ta mère qui t’a dit d’accuser ce monsieur? »
« Pourquoi tu continuais de venir aux réunions de famille en sachant qu’il serait là, alors? »
 
J’ai connu des mères qui, en allant porter plainte à la police pour leur enfant, ont dû répondre à la fameuse question « La croyez-vous? »
 
Des filles et des femmes qui se sont senties coupables d’avoir dénoncé, parce que « la famille » les reniait.
 
Des victimes d’agression qui ne voyait plus d’autres choix que de demeurer seules avec leur mal, dans le silence. Parce que personne ne voulait les entendre…
 
Je connais aussi une très jeune victime qui elle, a pu dénoncer rapidement. Mais surtout, qui a tout de suite été crue. Tant par sa famille que par des membres de l’entourage de l’agresseur. Selon la sexologue qui a évalué les potentielles séquelles de l’abus, la petite s’en sort bien grâce à ça.

Une dénonciation et une prise en charge rapide et la confiance des gens autour.
 
Il y a quelques semaines, j’ai aussi rencontré une jeune fille, une inconnue. Un peu poquée suite à une crise d’angoisse. Elle m’a raconté des bribes de son histoire, alors que j’attendais quelqu’un en jouant avec mon bébé. Elle venait de témoigner contre son grand-père agresseur. L’affaire traîne depuis des années…
 
Elle est poquée, elle a très mal de le voir mentir au juge. Mais elle a la volonté de se battre, avec les forces qui lui restent et grâce au support d’organismes.
 
J’ignore son nom, mais j’aimerais lui dire que je repense souvent à elle et que #JeLaCrois
 
Vous connaissez vous aussi des victimes? Vous avez été touché(e) de près ou de plus loin par la violence sexuelle? Je vous invite à prendre connaissance de la campagne #OnVousCroit, lancée par le CALACS.
 
Et s’il vous plaît! Si un jour, une victime se confie à vous… Croyez-la!
 
Votre confiance pourrait changer sa vie…
 
(Une personne se confie à vous et vous ne savez comment réagir? Des pistes ici.