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À toi, qui pleures cet amour perdu

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Chère jeune âme en peine,

 

Je sais, les adultes ont souvent l’air de minimiser les amours d’adolescence. 

 

Je sais, les adultes semblent souvent oublier combien ça fait mal, un grand amour qui n’est soudainement plus partagé.

 

J’aimerais tout de même tenter de te dire que je connais ta douleur.  Tu me diras que c’est impossible, que nul n’a jamais aimé aussi fort que toi, aussi sincèrement, aussi passionnément.  Que nul avant toi n’était monté si haut, pour ensuite, se faire couper les ailes et chuter dans un ravin semblant sans fin.

 

Je sais que tu voyais ton avenir avec lui, même le lointain, avec voyages, maison et bébés…

 

Je sais que ton présent est maintenant tellement douloureux que tu as encore du mal à croire que tu n’es pas enfermée dans un horrible cauchemar.  Que tu penses que la souffrance t’achèvera.

 

Que le futur n’existe plus pour toi.

 

On te dit que le temps arrangera les choses, atténuera la douleur.  Tu n’es pas prête à le croire. Tu ne veux pas le croire. Si la douleur partait, cela voudrait peut-être dire que l’amour n’était pas si fort que tu le croyais, te dis-tu peut-être?

 

Mais oui, cet amour était fort. C’est fort l’amour. C’est beau, c’est sublime, c’est porteur de mille possibles. C’est pour ça que ça fait mal ensuite. 

 

C’est pour ça que ça doit cesser de faire si mal. Sinon, l’humanité se serait éteinte bien avant.  

 

On n’oublie pas le premier grand amour… Mais je te promets qu’avec le temps et les autres expériences de la vie, on finit par y repenser avec tendresse et sans regret. Parce qu’on aura eu un bel avenir même sans lui.

 

Et qu’on aura appris qu’on se relève de tout et qu’on peut encore être heureux.

 

Je sais, je sais. Sur l’heure, rien de ce que ton entourage pourrait dire ou faire n’atténuera ton mal.

 

Je sais, je sais, tu lui réécriras, tu lui reparleras, tu voudras prendre soin de lui même s’il est la source de ta fin du monde personnelle.  Tu ne réussiras pas à l’ignorer pendant quelques jours ou semaines, le temps que les blessures se referment.  

 

Tu auras en tête des chansons tristes, des poèmes désespérés. Tu auras envie de le tuer et envie qu’il te console.  Tu chercheras ce que tu aurais pu faire de différent pour ne pas le perdre. Tu regretteras un temps de l’avoir aimé, tout en berçant dans ton coeur vos souvenirs communs devenus si précieux.

 

Ta planète s’est mise à tourner tout croche. Tu voudrais que le monde s’arrête pour t’aider dans ton deuil. Tu as peur de la solitude, depuis que son épaule ne t’est plus disponible… Certains te diront que tu trouveras mieux. Tu leur diras que c’était lui, le mieux. Lui seul.

 

Mais il faut continuer ta vie d’ado. L’école, la famille, les histoires avec les amis… Tu ne peux pas piger dans une banque de congés maladie.  Tu ne dois pas trouver ça juste. Mais c’est la vie. Phrase plate, je sais.

 

Alors, fais de ton mieux pour te lever, ne t’en fais pas pour tes yeux rougis.  Traverse tes journées une minute à la fois. Écris des poèmes d’une tristesse infinie ou des textes sanguignolents. Barbouille ton agenda de citations larmoyantes. Pleure en silence, hurle dans ton oreiller.

 

Vis ta peine à ta façon.

 

Pardonne nos parfois désastreuses tentatives pour te consoler. Excuse les méchancetés qu’on peut avoir envie de dire sur lui, juste parce qu’il te fait souffrir. On le sait qu’il n’est pas mauvais. On a tous déjà quitté ou été quittés. On le sait que c’est la vie.

 

On trouve juste ça dur quand ça arrive dans TA vie…

 

Je sais que tu voudrais son épaule… Sache que nous sommes là pour t’offrir l’une des nôtres, même si c’est une piètre consolation.

 

J’aimerais bien prendre ta peine pour t’en soulager. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche et c’est normal… 

 

Je sais, on doit nous aussi attendre que le soleil se repointe près de toi. Que ton sourire revienne nous ensoleiller.

 

D’ici là, fais attention à toi, ok? 

 

Parce qu’on est nombreux à t’aimer encore et pour toujours.