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Un jouet dangereux

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Les jeunes qui souffrent d’allergies sont-ils en sécurité dans les camps de jour? Qui doit garder l’auto-injecteur? En cas de réactions allergiques graves, les moniteurs ont-ils la responsabilité d’intervenir?

En ce début de grandes activités dans les camps de jour, plusieurs questions se posent, surtout depuis l’émission de nouvelles directives, en ce qui concerne l’EpiPen.

« Acte médical illégal »

Certains camps, supervisés par la Ville de Québec, ont averti les moniteurs de ne pas donner d’injection en cas de choc anaphylactique pour éviter de poser un « acte médical illégal ».

Tout au plus, ils pourront « guider » la main de l’enfant en crise pour qu’il s’injecte lui-même la dose d’épinéphrine. Les camps de jour accueillent des enfants de 4 à 12 ans.

« En tant que secouristes, on peut aider la personne à s’injecter le médicament, sauf qu’on ne peut pas le donner à sa place, car ça devient un acte médical. Nous nous sommes appuyés sur les politiques de la Ville qui sont faites comme ça », a expliqué Marie-Hélène Boivin, directrice de la Corporation des loisirs de Neufchâtel Ouest.

En modifiant ses règles, l’organisme a agi de sa propre initiative. Avant, l’EpiPen était remis au moniteur ou gardé dans le sac à dos du jeune.

À partir de maintenant, les enfants, qui ont un auto-injecteur de prescrit par le médecin, doivent l’avoir en tout temps sur eux dans un étui attaché à la taille.

Un « non-sens »

« Comment peut-on interdire les barrettes au soccer et accepter que des enfants portent ça sur eux, alors qu’ils courent, grimpent, sautent, roulent et se chamaillent toute la journée? », a dénoncé une jeune mère qui a tout tenté pour faire changer le règlement, mais en vain.

Par-dessus tout, elle craint que son enfant s’injecte une dose accidentellement ou qu’il blesse quelqu’un. À l’Association québécoise des allergies alimentaires, Diane Dubord considère que ces mesures sont un « non-sens ».

« Tout le monde cherche à se déresponsabiliser. Un enfant ne peut pas décider des symptômes. C’est la personne qui supervise qui doit avoir accès à l’auto-injecteur. On joue avec la vie des enfants! », a-t-elle réagi.

Un flou

Le porte-parole de la Ville de Québec, Jacques Perron, affirme que la majorité des camps de jour fonctionne de cette façon. Il reconnaît toutefois qu’il existe un flou au niveau des politiques, notamment en ce qui concerne l’âge où les enfants sont suffisamment matures pour être responsables de leur auto-injecteur.

« Nous comptons convoquer une table de concertation à l’automne pour établir une pratique qui sera identique partout », a-t-il dit.

Au Québec, on estime que près de 40 000 enfants souffrent d’allergies alimentaires. Certaines réactions allergiques peuvent être fatales.

 

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