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C’est bien beau d’en parler…

Santé et bien-être image article
Sans vouloir être une Grinch qui veut gâcher les nobles initiatives, je m’interroge sur toutes ces causes pour qui on change notre photo Facebook, la teintant un jour de rose, un autre de bleu, ajoutant un ruban, un slogan… 
 
En fait, je ne m’interroge pas sur les causes en elles-mêmes; elles sont toutes importantes.  Mais où en est donc notre société pour que les maladies, la détresse, la différence, servent souvent de publicité pour des grosses compagnies?  Pour que l’empathie soit commanditée? Pour qu’on parle de plus en plus… tout en n’agissant pas nécessairement? 
 
C’est quand même difficile d’oser ne pas changer sa photo de profil, de ne pas tourner de vidéo de témoignage poignant ou de défis relevés contre supposément un peu d’argent. Tu passes pour un sans-coeur… Alors que le faire, ça ne prend que quelques minutes et tu as la conscience et la réputation tranquilles…
 
Attention! Je ne dis pas que colorer une photo et parler des causes de ce monde n’est pas bien. Je me demande juste ce qui se passe après.
 
Le jeune du primaire qui a des envies suicidaires et dont les parents ne peuvent payer un psy au privé.  L’ado qui se fait presser de demander de la médication pour la concentration. La personne âgée seule dans son coin. L’autiste qui attend un psychoéducateur. La jeune maman qui se sent très seule. Le papa en épuisement professionnel. Le bébé qui souffre d’une maladie orpheline. Tout ce monde qui n’en trouve pas, des services au CLSC du coin. Ou qui les attend pendant des mois, des années.
 
Certains se font prescrire des antidépresseurs en 15 minutes dans un sans rendez-vous, mais n’ont pas accès à une psychothérapie.  Certains souffrent de chocs post-traumatiques que personne n’a le te temps de détecter. Chacun de nous connait des histoires terribles, des fins du monde vécues personnellement ou par des proches.
 
 
Probablement qu’en parler, ça sensibilise quelques personnes, que ça brise quelques tabous et que ça évite quelques phrases de trop, quelques blessures de plus. Parce que les gens sont de plus en plus informés et sensibilisés. On l’espère.
 
En même temps, dans notre système où il est souvent complexe d’obtenir un rendez-vous pour soigner une otite, trouver de l’aide adéquate pour prendre soin de notre santé mentale ou pour carrément la sauver du naufrage… Hum…
 
Les pros manquent de ressources, de temps, d’argent… et finissent souvent épuisés.  Les OSBL se font couper leurs fonds. Les proches aidants font ce qu’ils peuvent, mais ils ont leurs limites. Et c’est dur en maudit d’aider une personne avec qui on a des liens affectifs.
 
Tout le monde est d’accord pour dire que ça ne tourne pas super rond.
 
De plus en plus de gens se sentent seuls, dans un monde prétendument tellement connecté.   Mais au lieu trouver le moyen de mettre en place un vrai réseau de prévention et d’aide, on laisse les gens se débrouiller et s’épuiser. 
 
Et pour se soulager la conscience souvent, on change notre photo de profil, parce qu’on n’a pas le temps d’aller visiter l’autre. Ou parce qu’on ne sait pas quoi faire…
 
Bref, je me demande si un jour, on trouvera la solution. En attendant, peut-être qu’en parlant plus fort, plus souvent, plus longtemps… nos décideurs se décideront? Espérons-le! Pour que nos enfants puissent grandir dans un monde en santé physique et mentale…