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Les naissances se suivent, mais ne se ressemblent pas

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Dans mon dernier billet, je vous expliquais que j’allais entrer à l’hôpital le 13 avril et que bébé devrait être dans mes bras le 14.
 
Tout le long de cette grossesse, j’ai essayé de ne pas me bercer d’illusions. Même si à mes 4 autres, j’avais dilaté très en avance, j’avais toujours eu besoin d’injections pour provoquer des contractions suffisamment fortes. Donc, même si tout le monde, même de parfaits inconnus me disaient de sympathiques « Un cinquième, ça va sortir tout seul! Le chemin est fait en masse! » (Quelle belle image, soit dit en passant…), je n’anticipais pas non plus une partie de plaisir…
 
Donc, je suis bien entrée à l’hôpital le 13 à 16h. En théorie, avec le produit donné par mon médecin, je devais gagner un bon 3 cm pour le lendemain matin…
 
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Comme dans zéro.
 
Une nuit à tenter de dormir pour avoir l’énergie nécessaire le lendemain. Une nuit à visualiser un travail et un accouchement rapides (faudra que je vous reparle de l’autohypnose… hum hum…)
 
Le 13 et le 14 avril, à mon hôpital, un nombre très important de femmes ont accouché. J’aurais dû graver des coches sur le côté de mon lit, ça aurait fait passer un peu le temps… Il y en a même une qui a tenu son poupon 40 minutes après son entrée dans l’établissement!
 
Vous dire que même si j’ai déjà écrit qu’on ne pouvait pas rater son accouchement, j’ai eu par moments, un sentiment d’échec. L’impression d’être la parturiente la plus incompétente que la Terre ait portée. Un cinquième… et pas foutue de dilater!
 
Le temps s’écoulait au rythme des gouttes de Syntocinon qui s’écoulaient en doses de plus en plus fortes dans mon bras…
 
Le ventre strappé de deux moniteurs qui cessaient de capter à tout bout de champ, le bras rempli de perfusions (j’avais aussi un antibiotique pour contrer un éventuel streptocoque), j’en avais marre. (Et je présume que le personnel en avait marre de moi!)
 
Le 15 au matin, le docteur commençait à se dire que je n’accoucherais pas avant le 16. Oh qu’il n’en était pas question! (Comme si j’avais vraiment droit au chapitre!!) J’ai lâché l’autohypnose (en fait, je l’avais lâché bien avant…) et j’ai fabriqué ma propre visualisation maison. J’exigeais une délivrance avant 13h!
 
C’est à 12 :02 que fiston est né.
 
Et comme ce petit homme n’aime rien faire comme les autres, même sa naissance fut différente.
 
Après quatre accouchements sous induction, j’avais inconsciemment conclu qu’il fallait toujours prendre la position « classique » pour procéder. Quand on m’a positionnée autrement et quand je me suis aperçue que ce serait moi qui déciderais de quand et de combien longtemps je pousserais, j’ai été momentanément déstabilisée.
 
Quand j’ai su me faire assez confiance, bébé est sorti assez rapidement. Même pas de « arrêtez de pousser! »
 
Quand je portais mes quatre premiers, j’anticipais leur présence dans ma vie sans peine. Et quand ils sont nés, il m’a fallu un peu de temps pour faire connaissance avec eux et exprimer des émotions.
 
En portant Liam, mon bébé méga-surprise, c’était le contraire… J’avais du mal à réaliser pleinement ce qui m’arrivait…
 
Et puis, on a mis bébé sur ma peau. L’émotion est arrivée à la vitesse de l’éclair. J’étais en amour. Je répétais « mon bébé, mon bébé! »  Soudainement, tous les doutes, toutes les peurs qui m’avaient visitée depuis 9 mois me paraissaient absurdes. Comment avais-je pu penser à vivre sans lui?
 
Peut-être que le fait qu’on ait laissé mon fils sur moi pendant une bonne heure avant de l'examiner a contribué à cet attachement instantané? Je pense que oui et je remercie mon médecin de m’avoir fait vivre cette merveilleuse expérience.
 
Le souvenir de cette douceur, de ce naturel, efface presque celui des longues heures d’attente ;)
 
Et mon chum est bien content; son fils est né pour son anniversaire, comme il le souhaitait. Le plus beau cadeau qui soit!
 
(À lui maintenant de m’offrir un présent. Ça commence par un V et ça nécessite un rendez-vous chez l’urologue!!)