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Le 4e trimestre de la grossesse

Santé et bien-être 0-24 MOIS image article
Il aura fallu que j’aie un cinquième enfant pour entendre parler du concept de quatrième trimestre.
 
Il faut dire que ça semble assez nouveau et qu’il y a peu de documentation sur le sujet. Personnellement, j’ai relevé le terme en lisant le statut d’une maman sur les réseaux sociaux pour ensuite googler afin de voir s’il y avait des articles à ce propos. J’ai bien aimé celui-ci.
 
Vous, est-ce que quelqu’un vous a déjà parlé de ce 4e trimestre ? Une amie, un docteur, un psy… ?
 
Pourtant, c’est logique. Comme on le dit souvent, « Ça prend 40 semaines à faire, un bébé. Normal que le corps prenne autant de temps à se replacer ».
 
Mais justement, la notion de quatrième trimestre dépasse la forme du corps, je pense bien. Même si c’est un gros morceau pour plusieurs mamans, cette « mollesse », ces « formes déformées », ce surpoids. Et ce plancher pelvien qui ne retient plus toujours grand-chose. Et tout ce dont on ne parle jamais en public, mais qui semble avoir mangé la claque, comme les intestins, la vessie…
 
OK, ce n’est pas pareil pour toutes. J’en vois déjà lever la main avec véhémence pour parler du fait qu’elles, elles rentraient dans leurs jeans normaux en sortant de l’hôpital. D’autres (comme moi), qui en ont un peu beaucoup marre de lire qu’avoir un bébé se résume à se bousiller le vagin à vie. Mais bref, en général, les nouvelles mamans vivent une étape physiquement déstabilisante, voire décourageante, après une naissance.
 
Ce trimestre, récemment apparu et peu présent dans notre vocabulaire, il concerne aussi l’allaitement, la fatigue, les hormones qui déconnent encore, la relation avec bébé, l’adaptation avec la fratrie, dans le couple…
 
Et tous les besoins et réflexions de la nouvelle maman, qu’elle n’ose pas nécessairement verbaliser. Parce qu’elle sent qu’on attend d’elle qu’elle reprenne la forme, qu’elle ait le moral, la « positive attitude »…
 
Pour ma part, songer à ce 4e trimestre, même peu reconnu, m’a fait du bien. Ça m’aide à m’offrir un peu d’autocompassion.  Parce que c’est toujours lorsque mes bébés avaient 3-4 mois que je me suis sentie plus triste,  plus fatiguée. Et je me demandais pourquoi.  Peut-être que le fait de ne pas avoir eu vraiment l’occasion de vivre ce trimestre supplémentaire m’a influencée ?
 
En tout cas, je me sens moins folle avec mon impression que ma cage thoracique est encore en train de se replacer. Avec mon mal de dos plus intense que lorsque bébé était en moi. Et avec mes émotions ambivalentes, mes périodes de joies immenses et mes moments de découragement profonds.
 
Je n’écris pas tout ça pour me plaindre.  Je suis une privilégiée qui a droit a un certain confort et au support d’un conjoint merveilleux et d’enfants altruistes. Mais je me dis qu’il y a peut-être d’autres parents qui ignorent l’existence de ce trimestre (qui touche aussi les papas) et que partager l’info les déculpabilisera peut-être ?
 
Encore là… quand je lis dans des articles sur le sujet des conseils comme « Il suffit de demander à ses amies, à sa famille de préparer de bons petits plats »… il faudrait songer que tous les nouveaux parents n’ont pas de famille ou d’amis proches à qui demander. C’est mon cas, alors si c’est aussi le vôtre, ne vous sentez pas anormaux d’accord? ;) 
 
En terminant, je vous invite à prendre connaissance du projet de la photographe Ashlee Wells Jackson, 4th Trimester Bodies Project .  Prenez le temps de lire les textes aussi ; vous verrez que même si une maman retrouve vite sa taille (comme la société veut tellement qu’elle la retrouve !), elle n’est pas à l’abri de la dépression…
 
Et vous ? Avez-vous vécu un quatrième trimestre ? Comment ça s’est passé ?