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Famille d'accueil pour virus

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Les enfants font entrer beaucoup de joie dans une maison. C’est indéniable. Ils font aussi entrer de la poussière, des courants d’air et… des virus.
 
Même les familles les plus chanceuses doivent tout de même cohabiter avec quelques épidémies de temps en temps. Même les lavages de mains frénétiques, les bains de désinfectant et les incantations chamaniques ne peuvent empêcher l’éclosion d’un petit virus par ici ou par là.
 
La grande loterie, c’est de savoir quel virus on tire.
 
Dès que les enfants entrent en garderie, ils font partie d’une équipe. C’est comme une association de systèmes immunitaires évoluant dans la Ligue des Microbes. Quand quelqu’un tombe au combat, c’est toute l’équipe qui est en danger.
 
Généreux de nature, les enfants ne se contentent pas de partager les virus entre eux. Ils les ramènent aussi à la maison. Et de là, s’en suivent de nouvelles heures de plaisir. On leur lègue nos gênes, ils nous lèguent leurs germes. C’est du donnant-donnant. Chers enfants.
 
Évidemment, on n’aime pas que nos enfants soient malades. Ils ont beau avoir attrapé la même bébitte que leur voisin ou leur amie, ça semble toujours pire quand c’est le nôtre. Normal.
 
Parfois, ce qui est fascinant, c’est qu’un virus n’a même pas besoin d’être présent pour répandre la terreur. Prenez la gastro, par exemple. Aussi contagieuse soit-elle, elle ne le sera jamais autant que la peur qu’elle inspire.
 
Dès que le mot gastro intègre les rumeurs, l’air s’alourdit. La crainte s’empare des parents. Les symptômes apparaissent presque par effet placebo. J’ai déjà surnommé ça la Gastrouille, c'est-à-dire la peur d’attraper la gastro.
 
Mais même quand il ne s’agit pas de la gastro, les autres petits virus aussi ont leur lot de désagréments. On déteste la vilaine fièvre, le méchant rhume, l’horrible grippe et les autres broncho-pneumo-amygdalo-microbes qui envahissent le système de nos enfants.
 
Même en sachant que c’est bénin, on capote. Et chaque fois, on se demande sincèrement comment peuvent se sentir les parents dont les enfants ont des maladies plus sérieuses.
 
Et parfois, on pige le forfait familial et tout le monde est malade en même temps. Et on doit alors puiser dans nos propres réserves d’énergie afin de soigner les plus petits que soi. Même quand nos réserves sont épuisées, il semble qu’on trouve la force de soigner les enfants en premier.
 
On peut rarement y échapper. Être parent, c’est devenir automatiquement une famille d’accueil pour virus. On doit l’adopter pendant quelques jours, puis le laisser repartir. L’important, c’est de ne pas s’attacher.