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La drogue chez les jeunes: des cocktails explosifs

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La consommation d'alcool et de drogues a considérablement diminué chez les élèves du secondaire depuis l'année 2000.

Cependant, les ados touchent à la drogue plus jeunes qu'auparavant et consomment plusieurs types de stupéfiants, un cocktail qui risque de leur brûler le cerveau.

Ainsi, entre 2000 et 2008, le nombre d'élèves du secondaire ayant consommé alcool et drogues est passé de 41 % à 26,4 %.

De même, les consommations d'alcool, de cannabis, hallucinogènes, cocaïne et solvants ont toutes diminué depuis 2000, confirme une étude de l'Institut de la Statistique du Québec (ISQ). Seule la consommation d'amphétamines a légèrement augmenté de 7 % à 7,3 %. Ces chiffres incluent les répondants qui ont consommé une fois et ceux qui ont consommé davantage.

L'étude intitulée «Enquête québécoise sur le tabac, l'alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire, 2008» a été réalisée à la demande du ministère de la Santé du Québec à l'automne 2008 auprès de 4736 élèves fréquentant 144 écoles secondaires québécoises.

Au primaire

Bien qu'ils soient encourageants, les chiffres livrés dans l'étude de l'ISQ requièrent d'importantes nuances, a prévenu David Laplante, directeur des services professionnels du Grand-Chemin, un réseau de maisons de thérapies pour jeunes consommateurs ayant développé une dépendance aux stupéfiants. D'abord, les jeunes commencent à consommer plus jeunes qu'auparavant, soit vers l'âge de 11 ans alors qu'ils sont encore à l'école primaire, a-t-il précisé.

La consommation de stupéfiants par des individus aussi jeunes est d'autant plus dommageable qu'ils sont en plein développement, a indiqué M. Laplante. En général, les jeunes en viennent à consommer régulièrement à l'âge de 13 ans et se retrouvent en thérapie à 15 ans parce qu'ils sont devenus dépendants ou parce que leur santé mentale est affectée. «Il y a 15 ans, les jeunes arrivaient en thérapie vers l'âge 16-17 ans. Un an ou deux de moins, c'est énorme statistiquement», a signalé David Laplante.

La gamme de stupéfiants consommés par les jeunes inquiète davantage, a ajouté David Laplante. «Les jeunes sont polytoxicomanes», a-t-il dit.

Le cannabis demeure la drogue la plus prisée, puisque 96 % des jeunes consommateurs s'en procurent, révèle un sondage mené à l'intérieur des trois maisons de thérapie du Grand-Chemin. L'alcool arrive en deuxième place avec 62 % des consommateurs suivi de près par les amphétamines qui touchent 56 %.

Connues sous diverses appellations (speed, pinottes, etc.), les amphétamines sont des stimulants du système nerveux central. De plus en plus de jeunes mélangent cannabis, alcool, amphétamines, cocaïne au risque d'altérer leur santé mentale, a précisé M. Laplante. «Ça fait un cocktail explosif qui modifie la chimie du cerveau, c'est très nocif. Ça produit de l'anxiété, la dépression et ça peut conduire le jeune à la schizophrénie. Plusieurs cas sont irrévocables. Il nous faut travailler avec des médecins, des psychologues et des psychiatres, ce qui n'était pas le cas il y a 15 ans», a-t-il dit.

La documentation sur les amphétamines révèle qu'elles peuvent conduire au suicide.

Agressifs, hostiles et dépressifs

Les amphétamines rendent les jeunes agressifs et hostiles, a indiqué M. Laplante. L'étude de l'ISQ révèle que la gravité des problèmes (dépendance, santé) causés par la consommation de stupéfiants monte en flèche lorsque les hallucinogènes (LSD, mescaline, PCP), amphétamines, cocaïne, héroïne et autres solvants se retrouvent dans le cocktail de consommation (voir tableau ci-contre).

Consommation problématique selon les substances

- Alcool 9,8%

- Cannabis 21,6%

- Hallucinogènes 55,2%

- Amphétamines 56,1%

- Cocaïne 62%

- Solvants 75,1%

- Héroïne 62,9%

- Autres drogues ou médicaments 63,3%

 

Source, étude ISQ-Santé Québec, 2008