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Le retour du petit guerrier

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En septembre dernier, la petite école de mes enfants a été secouée par une nouvelle bouleversante. Un ami de la classe de ma fille n’a pas pu revenir à l’école en même temps que les autres, pour la rentrée. « Zach est occupé à combattre une vilaine maladie », a-t-on dû expliquer à toute la classe de 2e année.
 
Deux semaines avant la rentrée, sa famille avait appris avec consternation le terrible diagnostic, celui de la leucémie. Le choc.
 
Une histoire pareille ne laisse jamais indifférent. Mais quand elle frappe une minuscule école tissée serrée comme la nôtre, ça résonne encore plus fort.
 
On devine facilement que pour les parents (et le reste de la famille), la vie bascule d’un coup. L’hôpital, la chimio, les multiples rendez-vous et pour l’enfant lui-même, l’isolation de ses camarades, question d’éviter les virus.
 
Zach a donc suivi l’école de la maison, entre deux traitements. Mais le dévouement de son extraordinaire enseignante de 2e année lui a permis de se sentir toujours bien impliqué au cœur de la gang.
 
Non seulement elle a orienté plusieurs projets de classe vers lui, mais elle a multiplié les visites et le suivi… jusque chez lui. Je ne connais pas la convention collective des profs, mais quelque chose me dit que ce n’est pas écrit là-dedans. Ça doit être dans la section  nommée « passion », j’imagine.
 
En octobre, les élèves de 2e année ont écrit et composé une chanson pour l’encourager, sérénade qu’ils sont allés lui chanter directement sur son perron. Chaque semaine, ils lui envoyaient un petit journal dans lequel ils racontaient les péripéties de la classe ou lui inventaient des jeux pour le désennuyer.
 
Au fil des semaines, on a pu suivre ses progrès et ses défis sur une page gérée par ses proches. Chaque fois qu’une bonne nouvelle illuminait la semaine, tout le monde se réjouissait. Et quand le combat était plus difficile, le groupe envoyait encore plus de messages positifs. Zach le conquérant avait toute une armée derrière lui, prête à l’appuyer sans réserve.
 
Et puis la semaine dernière, après 8 mois d’école à la maison, le petit guerrier était de retour en classe, au milieu de ses amis. Vous dire l’immense vague de bonheur, ce n’est pas descriptible.
 
La veille de son retour-surprise, j’avais seulement dit à ma fille de 7 ans qu’il y aurait sans doute « quelque chose de spécial à l’école demain ». Elle aurait pu s’imaginer une journée privilège, une sortie spéciale, des clowns ou n’importe quoi d’autre, mais sa toute première hypothèse a été : « Zach va revenir à l’école!!! »
 
J’ai eu de la difficulté à garder le secret (et mes larmes) devant sa réaction spontanée.
 
Pour les amis de 2e année, qui ne mesurent sans doute pas l’ampleur du combat qu’il livre depuis des mois, le retour de Zach est une pure joie. Même s’il n’a jamais vraiment quitté leurs pensées.
 
La guerre n’est pas terminée, bien sûr. Le retour sera progressif et il a toujours besoin de repos. Mais les batailles qui ont été menées (et gagnées) depuis le début de l’année scolaire méritent bien un instant de réjouissance.
 
Zach is back. Il n’a pas perdu une once de sourire, ni une goutte de bonne humeur. Et ses amis ne l’ont pas oublié une seconde. Ils sont comme ça, les enfants. Intenses et entiers dans tout, y compris leurs amitiés. Une belle leçon pour nous, les grands.
 
On est contents de te revoir, petit guerrier.