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À toi, mon amie qui fais face au fameux crabe…

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Salut toi…
 
Ça fait plusieurs jours que tu as posté un statut qui m’a frappée comme un coup de poing. Trop de jours pour que j’ose les compter sans avoir honte de mon silence…
 
Tu y annonces la présence d’un cancer (et je ne parle pas d’un amoureux né en juillet!) dans ta vie. Tu as dit « mon cancer » mais moi je refuse qu’il soit à toi. Je veux qu’il déc… au plus vite. Pour toujours.  
 
Ça fait des jours, disais-je, que j’ai appris. Depuis, j’ai eu moult réactions et réflexions. 
 
Et je n’ai pas osé t’écrire. Je n’ai pas osé te téléphoner. 
 
C’est assez minable, de la part d’une fille qui gagne sa vie en écrivant. 
 
J’ai bloqué. 
 
J’ai tout d’abord voulu me tasser, me disant que soudainement, une multitude d’ami(e)s proches et moins proches voudraient te réconforter, t’offrir leur aide, te concocter des petits plats, te partager leur expérience, etc.

Et je ne suis pas ta BFF, on ne se connaît pas depuis le primaire, on n’a pas fait les 400 coups ensemble…

Mais je t’aime beaucoup. Et, lors de nos brunchs, on s’en est confié pas mal… 
 
Sauf que c’est ça qui est ça. Je n’aime pas m’imposer. Et je me voyais mal te proposer un petit-déj; la chimio/radio/machin, ça donne mal au coeur, non?
 
Toutes ces questions, c’est à toi que je devrais les poser. Directement, pas via un blogue ou autre. Mais je bloque. (Je sais, je me répète). Alors je blogue, un peu lâchement, sûrement…
 
Je me dis peut-être qu’en écrivant ici, j’exorciserai tous ces nuages dans ma tête et dans mon coeur, avant de t’aborder de la « bonne façon », s’il en est une…
 
Peut-être qu’en ne te nommant pas, je garde aussi une distance avec le crabe. Je peux faire comme s’il n’existait pas vraiment. Comme s’il ne pouvait pas toucher une maman de quatre enfants comme toi.
 
Ou de cinq, comme moi?
 
J’avoue, dans le flot de mes émotions, il y a eu cette pensée « Et si je l’avais? J’ai négligé certains examens. J’ai déjà eu des cellules précancéreuses au même endroit ». Etc.
 
Et penser ça, quand ton amie traverse ça et que tu n’es même pas foutue de la contacter, ben ça te fait sentir « cheap » à l’os… Mais je présume que penser ça, réaliser que nul n’est à l’abri, c’est aussi humain. Cheap, mais humain.
 
Donc, je disais plus haut qu’après avoir reçu ta nouvelle en pleine poire, j’ai voulu attendre un peu pour te contacter. Croyant que je trouverais ensuite les mots, ceux qui ne sont pas les formules toutes faites qui me tapent un peu sur les nerfs. Ceux qui ne sont ni trop négatifs, ni trop jovialistes. Ceux qui ne vireraient pas en mauvaise blague, car je suis un peu trop douée en blagues déplacées…
 
Je ne veux pas t’aborder avec pitié, car tu ne mérites pas ce bas sentiment qu’est la pitié. Tu es une superbe femme, allumée, passionnée, drôle et spirituelle. Tu es une super maman, une conjointe, une soeur et une fille, une amie, une érudite, une professionnelle, une battante.
 
Je ne veux pas te parler avec trop de légèreté, pour te faire croire que ce que tu vis ne m’atteint pas.
 
Et je ne suis pas placée pour te dire « Courage, sois positive, tout ira bien », car qui suis-je pour le savoir? 
 
Je ne veux pas plus t’aborder toute larmoyante et te déprimer!
 
Dans le fond, j’aimerais juste t’avoir contactée une semaine avant ton annonce, comme je voulais le faire, trouvant que ça faisait un bail qu’on ne s’était pas retrouvées devant un café, mais croyant que tu étais « full trop occupée » par tes projets passionnants…
 
Je te laisse ici. J’ai déjà trop écrit et tu t’y connais en nombre de mots… Je vais t’écrire sous peu. Je vais probablement te dire comme plusieurs que je suis là si tu as besoin. Que tu n’as qu’à me faire signe si je peux être utile en quoi que ce soit. Tout en me disant que peut-être, tu n’auras pas l’envie ou la force pour me faire signe si tu as besoin… Faudrait un code pour savoir comment agir et réagir. Peut-être en seras-tu l’auteure lorsque tu en auras fini avec ce truc…
 
D’ici là, j’y vais avec le classique « Je suis là »  et le non moins classique « Je pense à toi ». Et je pense à toi en mau… ! J’te jure. Tous les jours.
 
J’ai hâte à notre prochain resto ma belle. (Mais on se voit avant, quand et si tu veux!)
 
 
xx