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L'endormissement: point de départ

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Il arrive que l'enfant qui ne veut pas s'endormir soit aussi celui qui réveille ses parents plusieurs fois pendant la nuit. Afin d'illustrer la question de l'endormissement, il faut se rappeler que nous avons des points de repères, habitudes et positions précises qui nous aident à nous abandonner au sommeil.

Un côté du lit, un cadran lumineux pour lire l'heure dans le cas d'éveil, la proximité du conjoint et combien d'autres habitudes… Il suffit de penser à la seule difficulté que nous avons de dormir auprès d'un étranger. Tout comme les adultes, les bambins sont soumis au rituel du soir et ils ont leurs habitudes.

Laisser l'enfant s'endormir régulièrement ailleurs que dans son lit, dans vos bras par exemple ou encore dans son lit avec un parent à ses côtés, avec une suce ou une bouteille qui le réveilleront lorsqu'elles tomberont, sont toutes des situations qui risquent de créer une dépendance.Il suffit de comprendre que tout ce qui se modifie dans l'environnement d'un enfant entre le moment où il s'endort et le reste de la nuit est source éventuelle de problèmes.

Tôt ou tard, pour qu'il s'endorme seul, il lui faudra rompre avec ses mauvaises habitudes. Sachez qu'il est mille fois plus difficile de revenir sur une dépendance d'endormissement que d'instaurer d'emblée de bonnes bases de sommeil.

Les terreurs nocturnes

Gabriel, âgé de 4 ans 1/2, hurle à pleins poumons. Assis bien droit dans son lit, il fixe sa mère sans la reconnaître et semble terrorisé par un monstre extraterrestre quelconque. Son cœur bat à tout rompre, il transpire abondamment. Il semble repousser quelque chose de son bras droit. Très agité, il appelle «maman» sans la voir. Le tout dure quelques minutes.

Sa mère, désemparée, l'interroge sans succès. Il ne l'entend pas. Inquiète, elle se couche à ses côtés le croyant malade. Gabriel ne se rend compte de rien, il semble se rendormir mais en fait, il n'est jamais sorti de son sommeil. Ces épisodes se répètent et Nina consulte un spécialiste du sommeil pour découvrir à son grand soulagement que Gabriel ne souffre pas de maladie neurologique, mais vit simplement des terreurs nocturnes comme beaucoup d'autres enfants de son âge.

Ce trouble du sommeil, le plus fréquent chez le jeune enfant, est en réalité un trouble de l'éveil brusque qui survient lors du sommeil lent et profond. Il se compare aux sensations ressenties par l'adulte vivant une grande peur (effet de l'adrénaline). Différemment, l'adulte se réveille le cœur battant et sort de son sommeil pour tenter de se calmer. Chez l'enfant, il est fréquent que le jeune ne s'éveille pas.

La terreur nocturne survient dans les trois premières heures de sommeil et peut durer de quelques secondes à plusieurs minutes. Statistiquement, la plupart des enfants ont des terreurs nocturnes occasionnellement dans leurs premières années de vie et cela est parfaitement normal, il ne faut surtout pas s'alarmer. Ils ne se souviennent souvent de rien le lendemain, ne comprennent pas ce qui leur arrive.

Contrairement à la croyance populaire, il est souhaitable de ne pas réveiller l'enfant qui vit une expérience semblable car cela ferait durer le malaise. La fréquence des terreurs nocturnes est maximale vers 3 ou 4 ans et jusque vers 6 ans.

Les moments de grandes acquisitions, de grandes découvertes, d'événements familiaux difficiles ou envahissants peuvent les déclencher, nous disent Challamel et Thirion, coauteurs du livre «Le sommeil, le rêve et l'enfant».Ces deux spécialistes reconnaissent plusieurs degrés de comportements d'intensité croissante ayant tous la même réalité physiologique (éveil partiel en phase de sommeil profond).

Parmi les quatre types de parasomnies (para; à côté, somnie; sommeil) distinctes, les trois premières décrivent des parcimonies bénignes, alors que la dernière décrit les caractéristiques des terreurs nocturnes.

  1. L'enfant, à la fin d'un cycle de sommeil lent et profond, s'agite dans son lit, remue légèrement, ouvre les yeux un instant, mâchonne, marmonne un peu et se rendort.

  2. L'enfant parle en dormant, tient des discours incohérents de quelques mots (somniloquie). Si on lui pose la question, il ne répond pas.

  3. L'enfant au milieu de son sommeil, s'assied dans son lit avec une expression hagarde, regardant dans tous les coins, mais en fait, il est toujours inconscient. Puis il se recouche et reprend son sommeil.

  4. Les terreurs nocturnes proprement dites prennent l'allure suivante: l'enfant paraît terrifié. Il pousse des cris, appelle au secours. Les yeux sont hagards et les pupilles dilatées. Il semble pris d'une panique indescriptible. Lui parler, le prendre dans ses bras ne change rien. En fait, il dort et dès qu'il se recouche, il reprend son cycle de sommeil. L'éveiller le met dans un véritable état confusionnel et provoque en lui des réactions «neurovégétatives» désagréables d'où l'angoisse, malaises qui peuvent directement provoquer une multiplication et une prolongation des épisodes ou favoriser le passage à un degré plus sévère. Bien que ces manifestations puissent être spectaculaires pour le parent non averti, ne craignez rien. Elles font parties intégrantes du processus de croissance et ne posent aucun danger pour la santé physique ou mentale du rêveur. Ces quatre degrés de manifestations demandent, à peu de choses près, la même réaction parentale.

 

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