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Toi, le parent d’un enfant « vraiment malade »

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Depuis que fiston a commencé la garderie en novembre dernier, ma tribu vit dans un club échangiste de microbes. J’ai l’impression de me désintégrer par manque de sommeil et de créer des liens avec notre tout nouveau médecin de famille tellement on le voit souvent.
 
Mais nous sommes chanceux: nous n’avons jamais rien de grave.
 
Hier soir, alors que mon conjoint et moi ramassions le lac de vomi laissé par fiston dans notre lit, je me suis mise à penser à toi.
 
Toi, la maman, le papa, qui t’accommoderais bien ma collection de petits bobos familiaux, au lieu de faire face à la vraie peur, à la vraie fatigue, au vrai désespoir…
 
Toi qui dois surveiller un poupon  pour qu’il ne pleure pas, et qu’un caillot ne se loge pas au mauvais endroit et cause la mort.
 
Toi qui passes ta vie à Sainte-Justine, en espérant que l’équipe médicale trouve enfin le bon traitement pour contrôler l’épilepsie du petit dernier.
 
Toi, qui n’a pas dormi une nuit complète depuis 6 ans.
 
Toi qui a dû choisir entre ta carrière et les soins à apporter à ton enfant.
 
Et toi qui désespères que le gouvernement débloque enfin des fonds pour t’aider réellement, dans ton quotidien de parent d’enfant lourdement handicapé.
 
Ou qui dois jongler avec les pots de pilules, faire des injections, gaver, transporter des machines partout…
 
Je pense à tes peurs, ta fatigue, ta débrouillardise et tes prières.  À tes périodes de découragement, ton probable sentiment de solitude, à ta patience infinie…
 
Je pense à toi, qui a appris tous ces termes médicaux, qui passe des nuits à faire des recherches sur le Web. À toi qui retiens ton souffle, visualisant une saturation baisser, des plaquettes augmenter, des fils se débrancher, des masques se retirer.  Un enfant rentrer à la maison pour son anniversaire, pour Noël…
 
À toi, qui voudrais courir au parc avec ton enfant, ou simplement pouvoir le bercer sans devoir au préalable te désinfecter et enfiler une blouse d’hôpital…
 
À toi qui n’ose pas sortir trop longtemps sans lui… ou qui n’a personne pour veiller sur lui en ton absence…
 
À toi qui reçois mille conseils sur comment tu devrais agir, réagir, te sentir…
 
À toi qui a tout de même de l’humour, et un amour plus grand que le ciel.
 
Je ne sais pas comment bien te transmettre mes pensées. Comment te dire sans gaffer que je pense à toi.
 
Bien sûr, je pense aussi à ton enfant, à sa fratrie éventuelle, également.

Mais ce que je tente de te dire, maman, papa, dont le quotidien se dessine autour des besoins et défis liés à la santé de ton enfant, c’est que même si c’est bien peu…
 
Quelque part, il y a une étrangère qui pense à toi et qui veut te saluer.
 
Toi, qui te mets souvent de côté, par la force des choses, je te salue.  Je ne peux rien faire d’autre, je n’ai pas ce remède miracle, ce montant d’argent, cette aide extérieure pour te donner un répit.  Je n’ai même pas les mots réconfortants…
 
Alors, pourquoi écrire? Peut-être par espoir que pendant ces quelques minutes que tu prendras pour lire, tu sentiras que tu es important(e), que tu es une personne à part entière. Une personne admirable, à qui je souhaite le meilleur.
 
Et évidemment, pour toute ta famille et toi, le retour de la santé avec un grand S…